Après une prothèse d'épaule posée selon ma technique, il n'y a ni écharpe ni immobilisation. Vous rentrez chez vous le jour même ou le lendemain, vous vous servez de votre bras pour les gestes du quotidien dès le premier jour, vous reprenez la conduite immédiatement, et la rééducation dure trois à quatre mois à raison de trois séances de kinésithérapie par semaine.
Cette page décrit ce qui vous attend, semaine par semaine, après une prothèse d'épaule. Elle vaut pour la prothèse anatomique comme pour la prothèse inversée, les différences entre les deux étant signalées quand elles existent.
L'intervention dure entre quarante-cinq minutes et une heure. L'incision mesure environ huit centimètres.
L'hospitalisation se fait en ambulatoire, c'est à dire que vous entrez et sortez le même jour, ou avec une seule nuit sur place. Le choix dépend de l'heure de l'intervention, de votre état général et de votre entourage à domicile. Il se décide avec vous en consultation, pas au dernier moment.
Vous repartez avec une ordonnance d'antalgiques, les coordonnées du kinésithérapeute, la date du premier rendez vous de contrôle et un numéro à appeler en cas de doute. Le pansement est refait par une infirmière à domicile.
La douleur postopératoire est réelle les premiers jours, puis elle décroît vite. Elle est en général bien contrôlée par les antalgiques prescrits à la sortie.
Ce qui surprend souvent les patients, c'est que la douleur qui les amenait à consulter, celle de l'arthrose, disparaît dès l'opération. Ce qu'ils ressentent ensuite est une douleur de cicatrisation, différente, qui finit par disparaître.
Prenez les antalgiques aux heures prévues plutôt avant même que la douleur se réveille. C'est plus efficace et cela permet de faire la rééducation dans de bonnes conditions.
Non. Je ne prescris pas d'écharpe et je n'immobilise pas l'épaule.
La raison est technique. Lors de la pose, je ne détache pas les muscles. Le sous scapulaire, qui est le tendon que la voie d'abord classique sectionne puis répare, reste intact. Il n'y a donc rien à protéger en attendant une cicatrisation tendineuse, et rien qui justifie de bloquer l'épaule.
C'est la différence la plus visible pour vous entre cette technique et les techniques qui imposent trois à six semaines d'écharpe. Une épaule qui bouge dès le premier jour ne s'enraidit pas, et n'a pas à être dégrossie ensuite.
Il n'y a pas de posture interdite au sens où un geste isolé ferait sortir la prothèse. Le principe est celui de la progressivité : vous faites ce que votre épaule accepte, vous augmentez chaque semaine, et vous vous laissez guider par la douleur et par le kinésithérapeute.
Manger, écrire, vous servir de votre téléphone, vous habiller, vous laver, ouvrir une porte, tenir un verre. Tous les gestes de la vie courante qui se font le coude près du corps sont autorisés immédiatement, et je vous demande de les faire plutôt que de protéger le bras.
Une épaule que l'on épargne devient raide. C'est le piège le plus fréquent des premières semaines, et il coûte plus cher à rattraper qu'un peu d'inconfort au départ.
Prendre appui sur le bras opéré pour vous relever d'un fauteuil ou du lit, tirer dessus, ou faire un mouvement brusque et non contrôlé. Ce ne sont pas des interdits absolus, ce sont des contraintes que l'os autour de l'implant n'a pas encore de raison de subir.
Évitez aussi de dormir sur l'épaule opérée tant que c'est douloureux, et de porter votre poids sur ce côté avec une canne ou une béquille.
Les objets légers du quotidien se portent tout de suite. Pour les charges plus lourdes, la règle est progressive et se décide avec moi lors des consultations de contrôle, en fonction de ce que montre la radiographie et de la qualité de votre os.
Une prothèse d'épaule n'est pas faite pour porter des charges lourdes de manière répétée sur des années. Ce n'est pas une question de risque immédiat, c'est une question d'usure de l'implant à long terme.
La rééducation dure trois à quatre mois au total, à raison de trois séances par semaine. Elle commence dès le retour à la maison.
Trois séances hebdomadaires, c'est le rythme qui donne les meilleurs résultats. Deux séances suffisent rarement à maintenir les gains d'une semaine sur l'autre les deux premiers mois.
Entre les séances, vous faites vous même les exercices que le kinésithérapeute vous montre, plusieurs fois par jour, pendant quelques minutes. Ce travail quotidien compte autant que les séances.
Le premier mois, il travaille sur la mobilité : récupérer l'élévation, la rotation externe et la rotation interne, sans forcer. Les mois suivants, il ajoute progressivement le renforcement des muscles autour de l'épaule et le travail de la coordination.
Aucune manipulation forcée n'est nécessaire. Une épaule qui n'a jamais été immobilisée n'a pas de raideur.
L'essentiel de la récupération se fait sur les trois à quatre premiers mois. L'épaule continue ensuite à gagner en force et en aisance jusque vers un an, mais de manière moins spectaculaire et sans qu'il soit nécessaire de poursuivre la kinésithérapie tout ce temps.
La reprise de la conduite est immédiate. Comme il n'y a pas d'écharpe et que le bras est libre, rien n'empêche de tenir un volant.
La seule condition est le bon sens : ne conduisez pas tant que vous prenez des antalgiques qui altèrent la vigilance, et faites un premier trajet court, de jour, sur un parcours que vous connaissez, avant de repartir sur autoroute.
Les premières nuits sont souvent le point le plus inconfortable de la récupération, plus que les journées.
Dormez en position semi assise, adossé à des oreillers, avec un coussin sous le coude du côté opéré pour soutenir le bras. Évitez de vous coucher sur l'épaule opérée tant que c'est douloureux. La plupart des patients retrouvent un sommeil normal en deux à trois semaines.
Pour un travail de bureau, la reprise se fait en général au bout de deux à quatre semaines, parfois plus tôt en télétravail. L'épaule n'est pas immobilisée, ce qui rend le travail sur écran possible rapidement.
Pour un travail physique, avec port de charges ou gestes répétés au dessus de la tête, il faut compter trois à quatre mois, le temps que la rééducation soit terminée. La date se fixe avec moi en consultation de contrôle, pas à l'avance.
La marche, le vélo d'appartement et le vélo sur route reprennent tôt, dès que l'équilibre et la douleur le permettent.
La natation, le golf et le tennis en double se reprennent en général entre le troisième et le sixième mois, progressivement, après validation en consultation. Le golf est un bon exemple : on commence par le putting, puis les coups courts, puis le parcours complet.
Les sports de contact, l'escalade et la musculation lourde au dessus de la tête ne sont pas recommandés après une prothèse d'épaule. Ce ne sont pas des interdictions de principe, c'est que ces activités exposent l'implant à des contraintes qui raccourcissent sa durée de vie.
Les chiffres qui suivent sont ceux de ma pratique. Je pose environ cent cinquante prothèses d'épaule par an.
Le taux d'infection est de un pour cent. C'est la complication la plus sérieuse, parce qu'elle impose souvent une reprise chirurgicale. Les signes qui doivent vous faire appeler sans attendre sont une fièvre, une cicatrice qui devient rouge, chaude ou qui coule, et une douleur qui repart à la hausse après avoir diminué.
Sur une pose de première intention, le taux de luxation est de zéro. C'est un résultat direct du fait de ne pas détacher les muscles : le sous scapulaire, qui est le stabilisateur antérieur de l'épaule, n'est jamais fragilisé. Le risque existe en revanche sur les reprises, quand une prothèse est remplacée.
C'est la complication la plus fréquente au sens large, et c'est celle sur laquelle vous avez le plus de prise. Elle vient presque toujours d'une rééducation commencée trop tard, espacée, ou d'une épaule que le patient protège par réflexe.
Il s'agit du décollement progressif de l'implant dans l'os, après de nombreuses années. C'est le motif principal de remplacement d'une prothèse, et c'est la raison pour laquelle un suivi radiographique régulier est utile même quand tout va bien.
Le premier contrôle a lieu quelques semaines après l'intervention, avec une radiographie. Il permet de vérifier le positionnement de l'implant et de valider la progression de la rééducation.
Les contrôles suivants s'espacent : à trois mois, à un an, puis tous les ans ou tous les deux ans. Ces consultations ne sont pas une formalité. Un descellement détecté tôt se gère beaucoup mieux qu'un descellement découvert parce que la douleur est revenue.
Le détail du calendrier est décrit sur la page parcours de soin.
Aucun. Je ne prescris pas d'écharpe, parce que je ne détache pas les muscles pendant l'intervention. L'épaule bouge dès le premier jour.
Il n'y a pas de geste qui ferait sortir la prothèse. Les premières semaines, évitez de prendre appui sur le bras opéré pour vous relever, de tirer dessus et de faire des mouvements brusques. Tout le reste se reprend progressivement, guidé par la douleur et par le kinésithérapeute.
Trois à quatre mois au total, à raison de trois séances de kinésithérapie par semaine, commencées dès le retour à la maison.
Immédiatement, dès lors que vous ne prenez plus d'antalgique altérant la vigilance. Il n'y a pas d'écharpe qui gênerait la tenue du volant.
En position semi assise, adossé à des oreillers, avec un coussin sous le coude du côté opéré. Évitez de dormir sur l'épaule opérée tant que c'est douloureux. Le sommeil redevient normal en deux à trois semaines en général.
Deux à quatre semaines pour un travail de bureau, trois à quatre mois pour un travail physique avec port de charges ou gestes au dessus de la tête.
La marche et le vélo tôt, la natation, le golf et le tennis en double entre le troisième et le sixième mois après validation en consultation. Les sports de contact et la musculation lourde au dessus de la tête ne sont pas recommandés.
Sur une pose de première intention avec ma technique, le taux de luxation est de zéro, parce que le tendon sous scapulaire qui stabilise l'épaule n'est jamais sectionné. Le risque existe uniquement sur les reprises de prothèse.
La douleur d'arthrose qui vous amenait à consulter disparaît dès l'opération. Reste une douleur de cicatrisation, qui décroît sur quelques semaines et qui est contrôlée par les antalgiques.
Une prothèse d'épaule est conçue pour durer de nombreuses années. Sa durée de vie dépend surtout de l'usage qui en est fait : les contraintes lourdes et répétées au dessus de la tête l'usent plus vite. Le suivi radiographique régulier permet de détecter un descellement bien avant qu'il ne devienne gênant.