La prothèse d'épaule anatomique remplace les surfaces articulaires usées par de l'arthrose en reproduisant l'anatomie normale : une tête sphérique en métal sur l'humérus, une cupule en polyéthylène sur la glène. Elle suppose que les tendons de la coiffe des rotateurs soient intacts, car ce sont eux qui font bouger l'épaule ensuite.
C'est l'intervention de référence de l'omarthrose primitive, c'est à dire de l'arthrose de l'épaule qui survient sans rupture tendineuse associée.
Le critère de décision est unique et il tient en une phrase : l'état de la coiffe des rotateurs.
Si la coiffe des rotateurs est intacte, la prothèse anatomique d'épaule est le bon choix. Elle restitue une mécanique normale, une amplitude complète et une force naturelle, parce qu'elle laisse les tendons faire leur travail.
Si la coiffe est rompue et non réparable, une prothèse anatomique ne fonctionnerait pas : la tête remonterait sous l'acromion et l'épaule resterait douloureuse et faible. C'est là qu'intervient la prothèse inversée, qui inverse la géométrie de l'articulation pour confier le mouvement au deltoide.
Ce choix se fait sur le scanner et l'IRM avant l'intervention, pas en cours d'opération. Il est expliqué et discuté en consultation.
C'est l'indication principale. Le cartilage de l'épaule s'use avec les années, l'articulation devient douloureuse, se raidit progressivement et grince. La douleur devient permanente, y compris la nuit et au repos, et les traitements médicaux ne suffisent plus.
Le critère n'est jamais la seule radiographie. Une épaule très arthrosique mais peu douloureuse ne s'opère pas. Ce qui déclenche la décision, c'est le retentissement sur la vie quotidienne et le sommeil.
Une fracture de l'extrémité supérieure de l'humérus consolidée en mauvaise position peut aboutir des années plus tard à une articulation détruite. Si la coiffe est restée intacte, une prothèse anatomique reste possible.
L'os de la tête humérale se dévitalise et s'effondre, ce qui détruit la surface articulaire alors que les tendons sont normaux. C'est une bonne indication de prothèse anatomique, souvent chez des patients plus jeunes.
Je ne détache pas les muscles. Le sous scapulaire, que la voie d'abord classique sectionne puis répare, reste intact pendant toute l'intervention. Nous gardons cinq tendons.
Cela change trois choses concrètes pour vous. Il n'y a pas d'écharpe et pas d'immobilisation après l'opération. Le taux de luxation en pose de première intention est de zéro, parce que le stabilisateur antérieur de l'épaule n'est jamais fragilisé. Et la rééducation commence sur une épaule qui n'a jamais été bloquée, donc qui n'a pas de raideur à rattraper.
L'intervention dure entre 45 minutes et une heure. L'incision mesure environ huit centimètres.
Le principe est de retirer la tête humérale usée et de la remplacer par une tête prothétique montée sur une tige ou sur une embase courte impactée dans l'humérus. Du côté de l'omoplate, la glène, qui est la surface en regard, reçoit une cupule en polyéthylène quand son usure le justifie.
Le geste délicat n'est pas la pose de la tête, il est du côté de la glène. Sa taille et son orientation varient beaucoup d'un patient à l'autre, et l'arthrose la déforme. Une planification préopératoire à partir du scanner permet de définir la position exacte de l'implant avant d'entrer au bloc opératoire.
L'hospitalisation se fait en ambulatoire (vous rentrez le matin et dormez chez vous le soir) ou avec une seule nuit sur place si nécessaire ou si vous le souhaitez. Le détail est décrit sur la page opération de l'épaule.
Vous vous servez de votre bras pour les gestes du quotidien dès le premier jour, sans écharpe. La conduite reprend immédiatement.
La rééducation dure trois à quatre mois, à raison de trois séances de kinésithérapie par semaine. Le détail semaine par semaine est sur la page après une prothèse d'épaule.
Le premier résultat, celui qui compte le plus pour les patients, est la disparition de la douleur d'arthrose. Elle est obtenue dès l'opération, avant même la rééducation.
Le second est la récupération des amplitudes. C'est là que la prothèse anatomique garde un avantage sur la prothèse inversée : parce qu'elle conserve la mécanique naturelle et les tendons, elle permet en général de retrouver une épaule qui monte haut et qui tourne, y compris la rotation interne, celle qui sert à attacher un soutien-gorge ou à atteindre une poche arrière.
Le troisième est la force. Une coiffe intacte, non sectionnée pendant l'opération, permet un retour à une force proche de la normale au terme de la rééducation.
Le taux d'infection est de un pour cent. Le taux de luxation en pose de première intention est de zéro.
La limite propre à la prothèse anatomique tient à son principe même : elle dépend de la coiffe. Si les tendons se rompent des années après la pose, la prothèse anatomique peut devenir douloureuse et perdre en amplitude. C'est le motif principal de conversion en prothèse inversée, et c'est l'un des éléments qui pèsent dans le choix chez un patient jeune à coiffe fragile.
Le descellement, c'est à dire le décollement progressif de l'implant dans l'os après de nombreuses années, concerne surtout la cupule de glène. C'est la raison pour laquelle le suivi radiographique reste utile même quand l'épaule ne fait plus mal.
La prothèse anatomique reproduit l'anatomie normale, une boule sur l'humérus et une cupule sur l'omoplate, et suppose des tendons de la coiffe intacts. La prothèse inversée inverse cette géométrie et confie le mouvement au deltoide, ce qui permet d'opérer une épaule dont la coiffe est rompue.
Quand l'articulation est détruite par l'arthrose, par une séquelle de fracture ou par une nécrose, que la douleur retentit sur la vie quotidienne et le sommeil, et que les tendons de la coiffe des rotateurs sont intacts.
Entre quarante-cinq minutes et une heure, avec une incision d'environ huit centimètres, en ambulatoire ou avec une nuit d'hospitalisation.
Non. Comme je ne détache pas les muscles pendant l'intervention, il n'y a ni écharpe ni immobilisation, et l'épaule bouge dès le premier jour.
C'est le point fort de cette prothèse. En conservant les tendons et la mécanique naturelle, elle permet en général de retrouver une élévation complète et les rotations, y compris la rotation interne, qui est souvent limitée après une prothèse inversée.
Oui. C'est même le scénario le plus fréquent de reprise : si la coiffe des rotateurs se rompt des années après la pose, l'épaule redevient douloureuse et faible, et la conversion en prothèse inversée règle le problème.
Il n'y a pas d'âge seuil. La majorité des patients ont entre soixante et quatre-vingts ans, mais une nécrose ou une séquelle de fracture peut conduire à poser une prothèse anatomique bien plus tôt. Chez un patient jeune, on met en balance le bénéfice immédiat et la perspective d'une reprise dans plusieurs décennies.
Le taux d'infection est de un pour cent et le taux de luxation en première intention est de zéro. À long terme, les deux points de surveillance sont le descellement de la cupule de glène et une rupture secondaire de la coiffe des rotateurs.
Environ cent cinquante par an, anatomiques et inversées confondues.