L'arthrose de l'épaule, ou omarthrose, ne se guérit pas. Le cartilage usé ne repousse pas. Mais on la traite très bien, et l'immense majorité des patients passent des années sans chirurgie grâce à la kinésithérapie, aux antalgiques et parfois aux infiltrations. Quand ces traitements ne suffisent plus, la prothèse prend le relais et fait disparaître la douleur.
Cette page décrit ce que chaque traitement peut réellement apporter, dans l'ordre où on les propose, et à quel moment la question de l'opération se pose vraiment.
L'arthrose est l'usure du cartilage qui recouvre la tête de l'humérus et la glène, la surface de l'omoplate en regard. Cette usure est lente, progressive et définitive.
Aucun traitement, médicament, complément alimentaire ou injection, ne reconstitue du cartilage. Méfiez-vous de toute promesse en ce sens. Ce que l'on traite, ce sont les conséquences : la douleur, la raideur et la perte de fonction.
C'est une bonne nouvelle plus qu'une mauvaise, parce que ces trois conséquences répondent bien aux traitements, alors même que la radiographie continue de se dégrader.
C'est le traitement de fond, et c'est celui qui est le plus souvent négligé par les patients comme par les médecins.
Une épaule arthrosique qui bouge fait moins mal qu'une épaule arthrosique qui s'enraidit. Le travail du kinésithérapeute vise à entretenir les amplitudes, en particulier les rotations, et à renforcer les muscles autour de l'articulation pour qu'ils compensent une partie du travail.
Le bénéfice n'est pas immédiat. Il se mesure sur plusieurs mois, et il disparaît si l'on arrête. C'est un entretien, pas une cure.
Le paracétamol reste le traitement de première intention, pris de façon régulière plutôt qu'à la demande quand la douleur est quotidienne.
Les anti-inflammatoires sont efficaces sur les poussées douloureuses, mais ils se prennent sur des cures courtes et sous surveillance médicale, en raison de leurs effets sur l'estomac, les reins et la tension. Ils ne sont pas un traitement au long cours de l'arthrose.
Elle agit sur l'inflammation qui accompagne les poussées. Le soulagement est souvent net et rapide, mais il est temporaire, de quelques semaines à quelques mois selon les patients.
Son intérêt réel n'est pas d'être répétée indéfiniment. Il est d'ouvrir une fenêtre sans douleur pendant laquelle la rééducation peut enfin se faire correctement. Une infiltration sans kinésithérapie derrière est une occasion manquée.
On ne les multiplie pas : les injections répétées de corticoides fragilisent les tendons, et elles imposent un délai avant toute chirurgie en raison du risque infectieux.
La viscosupplémentation consiste à injecter un gel destiné à améliorer la lubrification de l'articulation. Les résultats sont inconstants dans l'arthrose de l'épaule et le niveau de preuve y est plus faible que pour le genou. C'est une option raisonnable chez certains patients, pas une référence.
Les injections de plasma riche en plaquettes sont proposées dans certaines indications tendineuses. Dans l'arthrose de l'épaule constituée, elles ne reconstituent pas de cartilage et leur bénéfice reste discuté. Elles ne sont pas prises en charge.
Continuez à vous servir de votre bras. Une épaule qu'on épargne s'enraidit, et une épaule raide fait plus mal qu'une épaule usée mais mobile. C'est le conseil le plus utile de cette page.
Adaptez plutôt que renoncez : rapprochez de vous les objets d'usage courant, évitez les gestes répétés au-dessus de la tête et le port de charges lourdes bras tendu, mais gardez la marche, le vélo et la natation si elle ne vous réveille pas la nuit.
Le chaud avant l'effort détend, le froid après l'effort calme. Et faites tous les jours les quelques exercices que le kinésithérapeute vous a montrés, même les jours où vous n'avez pas mal.
La décision ne se prend jamais sur la radiographie. Une épaule très arthrosique mais peu douloureuse ne s'opère pas.
Ce qui déclenche la décision, c'est le retentissement réel sur votre vie : une douleur devenue quotidienne, qui vous réveille la nuit, qui gêne l'habillage ou la toilette, et qui persiste malgré une kinésithérapie bien conduite et un traitement médical bien pris.
Le traitement chirurgical de référence est la prothèse d'épaule. Si la coiffe des rotateurs est intacte, c'est la prothèse anatomique, qui redonne les meilleures amplitudes. Si elle est rompue et non réparable, c'est la prothèse inversée.
Attendre n'est pas dangereux. Une arthrose d'épaule non opérée ne met pas votre bras en péril, et rien n'oblige à se décider vite.
Mais attendre a un prix, et il vaut mieux le connaître. L'usure creuse et déforme progressivement la glène, ce qui complique la pose de l'implant et dégrade le résultat. Une coiffe qui se rompt entre-temps fait basculer d'une prothèse anatomique vers une prothèse inversée, moins performante en rotation. Et une épaule douloureuse pendant des années s'enraidit, ce qui allonge d'autant la rééducation.
La question de l'âge est traitée en détail sur la page prothèse d'épaule : à quel âge.
Le premier résultat, et de loin le plus important pour les patients, est la disparition de la douleur d'arthrose. Elle est obtenue dès l'opération, avant même la rééducation.
Comme je ne détache pas les muscles pendant l'intervention, il n'y a ni écharpe ni immobilisation après la pose, et la conduite reprend immédiatement. La rééducation dure trois à quatre mois à raison de trois séances par semaine. Le détail est sur la page après une prothèse d'épaule.
Non. Le cartilage usé ne repousse pas, et aucun médicament, complément ou injection ne le reconstitue. En revanche on traite très bien ses conséquences, la douleur et la raideur, et la prothèse fait disparaître la douleur quand les traitements ne suffisent plus.
Il n'y en a pas un seul. On commence par la kinésithérapie et les antalgiques, on y ajoute une infiltration si la douleur empêche la rééducation, et on réserve la prothèse aux épaules qui restent douloureuses malgré un traitement bien conduit.
Une infiltration de corticoides soulage souvent nettement, mais pour quelques semaines à quelques mois. Son vrai intérêt est d'ouvrir une fenêtre sans douleur pour faire la kinésithérapie. On ne les répète pas indéfiniment, car elles fragilisent les tendons et imposent un délai avant toute chirurgie.
Les résultats sont inconstants et le niveau de preuve est plus faible que pour le genou. C'est une option raisonnable chez certains patients, mais ce n'est pas un traitement de référence de l'arthrose de l'épaule.
Oui, c'est le traitement de fond. Une épaule arthrosique qui bouge fait moins mal qu'une épaule arthrosique qui s'enraidit. Le bénéfice se mesure sur plusieurs mois et il disparaît si l'on arrête : c'est un entretien, pas une cure.
Quand la douleur est devenue quotidienne, qu'elle vous réveille la nuit, qu'elle gêne l'habillage ou la toilette, et qu'elle persiste malgré la kinésithérapie et le traitement médical. Jamais sur la seule radiographie.
Rien de dangereux, mais l'usure déforme la glène, ce qui complique la pose de l'implant, une rupture secondaire de la coiffe peut faire basculer vers une prothèse inversée, et l'épaule s'enraidit, ce qui allonge la rééducation.
Oui, en adaptant. La marche, le vélo et la natation restent recommandés. Évitez les gestes répétés au-dessus de la tête et le port de charges lourdes bras tendu. L'immobilité est plus néfaste que l'activité adaptée.