Une épaule qui vous réveille la nuit oriente presque toujours vers trois causes : une atteinte des tendons de la coiffe des rotateurs, une calcification, ou une capsulite rétractile. C'est le symptôme qui amène le plus de patients en consultation, parce que c'est celui qui épuise.
Une épaule qui fait mal le jour se supporte. Une épaule qui empêche de dormir finit par impacter sur la vie quotidienne. C'est un motif de consultation à part entière, et non un détail à mentionner en fin de rendez-vous.
Ce n'est pas dans votre tête, et ce n'est pas une question de fatigue. Il y a des raisons mécaniques précises.
Quand vous êtes allongé, l'espace situé sous l'acromion, l'auvent osseux qui coiffe l'articulation, se réduit. Le tendon qui passe dessous se retrouve comprimé, alors qu'en position debout la pesanteur suffisait à libérer cet espace.
S'y ajoute la disparition des distractions. Dans la journée, l'attention est ailleurs et le mouvement entretient une circulation qui limite l'œdème. La nuit, il ne reste que la douleur.
Enfin, la position sur le côté fait porter le poids du corps directement sur l'épaule. C'est la raison pour laquelle beaucoup de patients décrivent une douleur qui apparaît uniquement lorsqu'ils se tournent.
C'est la cause la plus fréquente. Le tendon est inflammatoire mais intact. La douleur siège sur le moignon de l'épaule et la face externe du bras, elle empêche de dormir sur le côté atteint, et elle gêne les gestes au-dessus de la tête dans la journée.
Les signes sont très reconnaissables : une douleur brutale, extrêmement intense, souvent nocturne, qui interdit tout mouvement pendant quelques jours, chez quelqu'un qui n'avait presque rien avant. Un dépôt de cristaux s'est formé dans le tendon. Le détail est sur la page calcification de l'épaule.
Ici la douleur nocturne s'accompagne d'une raideur qui s'installe dans toutes les directions et positions, y compris quand c'est le médecin qui mobilise/ausclute votre bras. Voir la page capsulite rétractile.
La douleur nocturne existe aussi, mais le signe qui la distingue est la perte de force : un bras qui retombe, une difficulté à porter. Voir la page rupture de la coiffe des rotateurs.
La douleur est très localisée, sur le dessus de l'épaule, et se réveille en dormant dessus ou en croisant le bras devant le corps. Le patient désigne le point douloureux avec un seul doigt.
La douleur nocturne y apparaît plus tardivement, quand l'usure du cartilage est déjà avancée. Elle est profonde, mécanique, et s'accompagne d'une perte progressive d'amplitude.
Ces mesures ne soignent pas la cause, mais elles font gagner des nuits en attendant la consultation, et elles fonctionnent chez la plupart des patients.
Dormez en position semi-assise, le dos surelevé par deux ou trois oreillers. Cette inclinaison ouvre l'espace sous l'acromion et relâche la pression sur le tendon.
Glissez un coussin sous le coude du côté douloureux, de façon à ce que le bras soit soutenu et légèrement écarté du corps, plutôt que pendant dans le vide.
Évitez de dormir sur l'épaule atteinte. Si vous dormez sur le côté opposé, calez un oreiller devant vous et posez le bras douloureux dessus, pour l'empêcher de basculer vers l'avant pendant la nuit.
Le froid, une vingtaine de minutes en fin de journée, calme l'inflammation d'un tendon. Le chaud détend plutôt les muscles périarticulaires et convient mieux aux épaules raides. Essayez les deux, gardez celui qui vous soulage.
Si un antalgique vous a été prescrit, prenez-le avant le coucher plutôt qu'au milieu de la nuit une fois la douleur installée.
Évitez les gestes répétés au-dessus de la tête, qui entretiennent le conflit sous l'acromion et se paient la nuit suivante. En revanche ne mettez pas votre bras au repos complet : une épaule immobilisée s'enraidit, et une épaule raide fait mal plus longtemps.
Une douleur d'épaule nocturne qui dure plus de deux à trois semaines mérite un avis, même si elle reste supportable dans la journée.
Consultez sans attendre ce délai si la douleur s'accompagne d'une perte de force, si le bras ne monte plus, si l'épaule se raidit dans toutes les directions, ou si la douleur est apparue brutalement et interdit tout mouvement.
Une douleur de l'épaule gauche accompagnée d'une oppression dans la poitrine, d'un essoufflement, de sueurs ou d'un malaise doit être traitée comme une urgence cardiaque. Appelez immédiatement le numéro d'urgence de votre pays. Ce n'est pas une douleur d'épaule, c'est une douleur ressentie dans l'épaule.
L'examen clinique oriente déjà très largement. La façon dont la douleur est apparue, sa localisation, et surtout la distinction entre une épaule raide et une épaule souple mais faible, séparent les grandes causes entre elles.
La radiographie montre l'articulation, l'usure et les calcifications. L'échographie explore les tendons. L'IRM ou l'arthroscanner sont réservés aux situations où une décision chirurgicale se pose, parce qu'eux seuls montrent la rétraction du tendon et la qualité du muscle.
Le déroulé complet est décrit sur la page douleur à l'épaule.
Dans la grande majorité des cas, la douleur nocturne cède sans chirurgie. Le traitement associe des antalgiques, parfois un anti-inflammatoire sur une courte durée, et surtout de la kinésithérapie, qui reste le traitement de fond des tendinopathies et des capsulites.
Une infiltration peut être proposée quand la douleur résiste et empêche la rééducation de se faire correctement. Elle n'est pas un traitement en soi, mais elle ouvre une fenêtre pour travailler.
La chirurgie ne se discute que si la douleur persiste malgré un traitement bien conduit, ou si l'imagerie montre une lésion qui ne cicatrisera pas seule, comme une rupture tendineuse. Voir la page opération de l'épaule.
Parce qu'en position allongée l'espace sous l'acromion se réduit et comprime le tendon, alors qu'en position debout la pesanteur libère cet espace. S'y ajoutent l'absence de distraction et, si vous dormez sur le côté, le poids du corps qui appuie directement sur l'épaule.
La tendinopathie de la coiffe des rotateurs. Viennent ensuite la calcification, la capsulite rétractile et la rupture tendineuse. Le mode d'apparition et la présence ou non d'une raideur permettent de les distinguer.
En position semi-assise, adossé à deux ou trois oreillers, avec un coussin sous le coude du côté douloureux pour soutenir le bras. Évitez de dormir sur l'épaule atteinte. Si vous dormez sur l'autre côté, posez le bras douloureux sur un oreiller placé devant vous.
Le froid convient mieux à un tendon inflammatoire, une vingtaine de minutes en fin de journée. Le chaud détend les muscles autour de l'articulation et soulage plutôt les épaules raides. Essayez les deux et gardez celui qui vous soulage.
Au-delà de deux à trois semaines de réveils nocturnes, même si la journée reste supportable. Plus tôt en cas de perte de force, de bras qui ne monte plus, de raideur dans toutes les directions ou de douleur brutale interdisant tout mouvement.
Une douleur de l'épaule gauche associée à une oppression thoracique, un essoufflement, des sueurs ou un malaise doit être considérée comme une urgence cardiaque : appelez immédiatement le numéro d'urgence de votre pays. En dehors de ce contexte précis, une douleur d'épaule gauche isolée qui se réveille la nuit est une douleur d'épaule ordinaire.
Non. Dans la grande majorité des cas elle cède avec des antalgiques, de la kinésithérapie et parfois une infiltration. La chirurgie ne se discute que si la douleur résiste à un traitement bien conduit ou si l'imagerie montre une lésion qui ne cicatrisera pas seule.
Non. Évitez les gestes répétés au-dessus de la tête, qui entretiennent le conflit, mais continuez à vous servir de votre bras pour les gestes du quotidien. Une épaule immobilisée s'enraidit, et une épaule raide fait mal plus longtemps.